Young Women Entrepreneurship : she succeeds in harvesting 2.5 tonnes of maize to launch her poultry project

Afrik Eveil

Mon

25 November 2019

Young Women Entrepreneurship : she succeeds in harvesting 2.5 tonnes of maize to launch her poultry project

By Afrik Eveil | Category: afrikeveil | Tags: afrikeveil | 2 weeks ago

Être jeune fille et entreprendre n’est certainement pas facile sous nos tropiques. San-zewmè Eveiline Somda, jeune comptable du Burkina Faso, a pris le risque de suivre le chemin sinueux de l’entrepreneuriat. Son projet d’entrepreneuriat : créer une ferme dédiée à l’aviculture à Diébougou, dans la région du Sud-Ouest du Pays des Hommes intègres où elle vit avec sa mère et ses deux petits frère et sœur. Nous l’avons rencontrée au détour d’une rencontre régionale des jeunes à N’Djamena, le 12 novembre 2019.  

Elle n’a pas une taille imposante et arbore son Faso Danfani comme tout bon Burkinabè à l’extérieur pour une rencontre d’envergure régionale. San-zewmè Eveline Somda que nous avons rencontrée à N’Djamena a la démarche rassurante et le regard confiant. Son histoire d’entreprendre, même si elle ressemble à bien d’autres, a le mérite de convoquer émotion et pragmatisme. Elle se réclame jeune entrepreneur à un stade où son projet est à l’étape embryonnaire. Un projet qui vise l’aviculture qu’elle compte mettre sur pied à Diébougou d’où elle est d’ailleurs native.

L'entrepreneure San-zewmè Eveiline Somda

50 000 poulets consommés par jour par les Ouagalais

Eveline est partie d’un constat : « La demande (en volaille) est très forte en milieu local comme national ». Selon d’ailleurs un article du journal en ligne ecodufaso.com, les Ouagalais à eux seuls consommeraient plus de 50 000 poulets par jour. Eveline est donc au courant de la tendance de consommation des Burkinabè. C’est pourquoi sa touche particulière consistera à moderniser cette aviculture tout en créant au moins une quinzaine d’emplois pour les jeunes filles.

Le projet de Eveline est déjà bien fignolé, le budget également établi. Le seul bémol reste le financement, difficulté partagée par bon nombre entrepreneurs burkinabè. Néanmoins, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a trouvé un moyen de contribuer, par ses propres moyens, au financement de son projet d’entrepreneuriat. Cette année par exemple, grâce à sa mère qui lui a octroyé 2 hectares, elle a pu cultiver du maïs et récolter 2,5 tonnes. La Diébougoulaise pense bien en revendre pour entamer son activité en attendant de trouver des partenaires. À l’en croire, le coût du projet s’élève à 5 millions de FCFA. « Ce que je vais vendre, ça peut compléter d’autres fonds », rassure-t-elle.

« Il faut rester, trouver d’autres solutions pour… »

Et si vous vous demandez pourquoi Eveline a décidé d’entreprendre, sa réponse vous surprendra peut-être : « Je peux dire que c’est un état de prise de conscience à travers les formations de l’ONG suisse HD. j’ai suivi beaucoup de formation sur l’entrepreneuriat et le leadership, vu que l’Etat (burkinabè) n’arrive pas à tous nous embaucher et même dans le privé, le peu que tu gagnes c’est juste pour subvenir à tes besoins et ceux de ta famille. »

Aujourd’hui, elle a désormais tout le soutien de sa mère qui avait cependant montré une certaine réticence au début, son père n’étant plus de ce monde. Un soutien qui émoustille davantage la jeune entrepreneure qui a un message sans équivoque à l’endroit de tous les jeunes qui ont une velléité d’entreprendre :  « Il faut rester, trouver d’autres solutions pour pouvoir nous en sortir. C’est vrai que nous pouvons rencontrer beaucoup de difficultés, mais on fait avec en se battant. »

Les investisseurs sont également interpellés par l’entrepreneure de 25 ans, car selon elle,  « les jeunes sont conscients que le développement passe par eux ».

Par Yéroséo Aris, membre Afrik Eveil

Fondation Afrik Eveil © 2019 Tous Droits Réservés. By Yanfoma.